Comment payer moins d'impôts en freelance

En tant que digital nomade, tu peux éventuellement faire un truc pas mal pour éviter l'oeil du cyclone, entre 80 et 120k de CA

3/10/20264 min read

Fiscalité digital nomad : comment payer moins d’impôts en freelance

Si tu es freelance ou que tu songes à te lancer, tu t’es forcément déjà posé la question : comment bien gagner sa vie sans se faire massacrer par les impôts ?

Parce que oui : il y a de quoi se faire sérieusement surprendre par la fiscalité française, surtout à partir d’un certain niveau de revenus.

Le vrai problème apparaît souvent entre 80 000 et 120 000 € de chiffre d’affaires : il y a un réel vice structurel du système fiscal français à ce moment.
Et c’est là que beaucoup de freelances découvrent que gagner plus peut te faire gagner moins.

Le régime micro-entreprise jusqu’à 77 700 €

Si tu gagnes moins de 77 700 € de chiffre d’affaires par an, la situation est relativement confortable.

Tu peux rester au régime micro-entreprise :

  • environ 22 % de cotisations

  • 2,2 % d’impôt si tu actives le prélèvement libératoire.

Au total, tu payes environ 24 % de prélèvements, à peu près autant qu'un salarié qui aurait un salaire brut équivalent, même un peu moins.

Le principal inconvénient du régime micro est que les charges ne sont pas déductibles, et, même si tu cotises à la retraite, ce n'est pas non plus à taux plein.

Tu payes des taxes sur la totalité du chiffre d’affaires, même si tu avances des frais professionnels :

  • abonnements logiciels

  • outils de prospection

  • SaaS

  • matériel


Dans certains cas, cela peut représenter 300 € ou plus par mois. Donc, quelque part, même si tu payes un peu moins d'impôts qu'un salarié, en prenant en compte les inconvénients, c'est plus ou moins la même chose au final !

Le piège fiscal entre 80k et 120k de chiffre d’affaires

Les choses se compliquent quand tu dépasses le plafond du régime micro.

Si tu dépasses ce seuil pendant plus de deux années consécutives, ou si tu dépasses 93 500 € sur une seule année, tu sors automatiquement du régime micro.

Tu passes alors automatiquement au régime réel en Entreprise Individuelle (EI).

Et c’est là que la situation devient beaucoup moins agréable, un peu comme un film d'horreur.

Dans ce régime, entre les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu, la pression fiscale peut atteindre 55 à 60 %.

Prenons un exemple.

Un freelance qui génère 85 000 € de chiffre d’affaires annuel peut se retrouver avec environ 2900 € net mensuels une fois les prélèvements payés.

Autrement dit : tu gagnes moins alors que tu gagnes plus, et le système fiscal se gave sur ton dos.

Pourquoi beaucoup de freelances passent en SASU

Pour éviter cette situation, beaucoup de freelances choisissent de créer une SASU.

Ce statut permet de payer :

  1. l’impôt sur les sociétés

  2. puis la flat tax sur les dividendes.

La fiscalité totale reste élevée, mais elle est généralement moins pénalisante que l’EI.

Par exemple :

Un freelance qui génère 100 000 € de bénéfices en SASU peut espérer environ 4600 € net mensuels après impôts, plutôt que 3300 € net mensuels en EI.

Mais même en SASU, si tu réussis à gagner 100k par an, tu gagnes toujours moins qu'un freelance micro à 77k par an !

On observe donc un vrai trou fiscal entre 78k et 120k de chiffre d’affaires : l'oeil du cyclone.

L’option de la résidence fiscale à l’étranger

Certains freelances choisissent une autre solution : changer de résidence fiscale.

Si tu n’es plus résident fiscal français, la fiscalité peut être différente.

Dans certains cas, par exemple, les dividendes versés par une société peuvent être imposés autour de 12,5 % au lieu de 30 % en France.

Mais cela implique évidemment de ne plus être résident fiscal français, ce qui suppose généralement de vivre plus de 183 jours par an à l’étranger.

Personnellement, c’est mon cas : je ne suis plus en France, d'ailleurs je n'y passe même plus 1 jour par an (au cas où le fisc lirait cet article).

Exemples concrets de fiscalité freelance

Pour mieux comprendre l’impact des différents statuts, voici quelques exemples simplifiés.

Freelance au régime micro

Chiffre d’affaires : 70 000 €

Cotisations + impôt : environ 24 %

Revenu net annuel : ≈ 53 000 €

Revenu net mensuel :

≈ 4400 €

Freelance en Entreprise Individuelle

Chiffre d’affaires : 85 000 €

Entre les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu, le taux global peut atteindre 55 à 60 %.

Revenu net annuel :

≈ 35 000 €

Revenu net mensuel :

≈ 2900 €

Freelance en SASU

Bénéfice : 100 000 €

Après impôt sur les sociétés et flat tax sur les dividendes :

Revenu net annuel :

≈ 55 000 €

Revenu net mensuel :

≈ 4600 €

FAQ : fiscalité freelance et digital nomad

Quel est le plafond du régime micro-entreprise ?

Pour les prestations de services, le plafond est de 77 700 € de chiffre d’affaires annuel.

Il existe également un seuil majoré autour de 93 500 €, qui entraîne la sortie immédiate du régime micro.

Quel statut choisir quand on dépasse le plafond micro ?

La plupart des freelances passent soit :

  • en Entreprise Individuelle (EI)

  • soit en SASU.

La SASU est souvent préférée car elle permet une fiscalité plus flexible.

Peut-on payer moins d’impôts en vivant à l’étranger ?

Oui, mais seulement si l’on cesse d’être résident fiscal français.

Cela implique généralement :

  • vivre plus de 183 jours par an hors de France

  • ne plus avoir son centre d’intérêts économiques en France.

Le statut de digital nomad permet-il de ne pas payer d’impôts ?

Non.

Un digital nomad doit toujours être résident fiscal quelque part et payer des impôts selon la législation du pays concerné.

Conclusion

La fiscalité des freelances en France reste relativement favorable jusqu’au plafond du régime micro.

Mais au-delà de ce seuil, la pression fiscale peut augmenter très rapidement.

Entre 80k et 120k de chiffre d’affaires, il est donc essentiel d’anticiper :

  • le choix du statut

  • la structure de rémunération

  • éventuellement la résidence fiscale.

Sans cette anticipation, il est possible de gagner plus de chiffre d’affaires… tout en gagnant moins d’argent net.

Générer plus de chiffre d’affaires en freelance

Si tu es freelance ou dirigeant B2B, le vrai problème n’est souvent pas la fiscalité.

C’est le manque de clients réguliers.

Si tu veux apprendre comment générer des rendez-vous qualifiés avec des entreprises grâce au cold call, j’explique tout dans ce guide complet :

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